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Ankou

Mais qui est donc  l'Ankou ?

 

 Ce n'est pas le Dieu du monde souterrain mais plutôt le psychopompe, maître du passage entre les deux rives.

 

Les plus anciennes représentations, sculptures de la roche Maurice, de Landivisiau, de Breisparts le montrent sous la forme d'un squelette tenant une flèche, mais il est plus connu tenant en main une faux dont la lame est montée à l'envers car, au lieu de faucher normalement, il a jeté devant lui dit-on quelquefois dans les récits, l'ankou à l'apparence d'un homme grand et maigre vêtu simplement d'une cape noire avec un large chapeau empêchant quiconque de voir son visage. Son aspect, en fait, varie beaucoup et souvent chaque paroisse a son "ankou" auquel on prête les traits du premier ou du dernier défunt de l'année.

 

L'homme à la faux est monté sur une charette dont les essieux grinçants sont la caractéristique majeure. Il est accompagné de deux serviteurs dont l'un ouvre les barrières pour faire passer le convoi funèbre, et l'autre charge les morts.

 

Mais où rencontre-t-on ce trio ? Sur certains chemins actuellement abandonnés que l'on nomme : Menchou ar maro, les chemins de la mort ou au bord de la mer où le "bag noz" , le bateau de la nuit, attend.

 

On ne peut arrêter l'ankou sur sa route, car celui qui l'empêchera de continuer verra sa vie raccourcie. De toutes façons, quiconque le rencontre rentre chez lui pour se coucher et disparaître dans les jours qui suivent. Malheur au forgeron qui s'attarde à travailler les nuits saintes après les douze coups de minuit. Il recevra alors la visite d'un curieux personnage lui demandant d'aiguiser sa faux. Pour tout remerciement, l'inconnu dévoilera son identité :  "je suis -da vestr ha mestr an holl -" ton maître et le maître de tous.

 

 

Le nom de l'Ankou est à rapprocher du breton anken, le chagrin, ankoun l'oubli et du grec ananke, la nécessité.

 

(1) Guide des âmes dans l'au-delà

 

 

© Droits réservés à Nouvelle Acropole. Article parut dans la revue Acropolis édité par Nouvelle Acropole.